Mon histoire (3)

Nouvelle année, nouvelle page, nouvelle histoire.

En prenant un peu de recul près de la mer ce Noël, je me suis rendue compte que ce que j’avais envie de partager avec mes lecteurs étaient plus des choix, des élans de vie, des instincts que des évènements ponctuels.


Je prends donc la plume pour partager avec vous un bout de mon histoire d’Hélène Bourgeois. Comment j’ai appris à marcher sur le chemin de mon être ?

Je suis née à Montparnasse et après avoir voulu devenir garde forestière, fleuriste, vulcanologue et sculptrice, j’ai décidé de m’orienter vers la politique pour… CHANGER LE MONDE.


L’univers-Cité


Les portes de l’université s’ouvraient avec un parcours autour de l’Histoire et des Sciences Politiques que je pensais chérir. Plus d’obligation d’assister à des heures de cours interminables, de se lever le samedi matin, d’accumuler les listes de formules mathématiques, physiques ou chimiques… La LIBERTÉ!


Pendant ces trois années de licences, je me suis sentie trahie ET nourrie par de nouvelles méthodes. La première chose qu’on apprend pendant les études d’histoire, c’est que l’Histoire n’existe pas, détail qu'on ne nous précise pas pendant les années d'apprentissage de cette matière au lycée. Il y a des traces plus ou moins importantes du passé qui nous permettent de faire des hypothèses, de tirer des conclusions sur les hommes d’hier. Notre vision de périodes comme la Renaissance ou le Moyen-Âge par exemple dépend complètement du nombre de documents qu’on a pu trouver à analyser. Le principal outil de l’historien n’est donc pas de connaître dates, batailles et grands hommes au point de pouvoir jongler avec ces données, mais d’avoir un ESPRIT CRITIQUE.


Un esprit critique mais comment ça se transmet ? A quoi ça sert ? Et comment ça se mesure ?

En histoire, chaque matière était évaluée par un exposé au choix des élèves où nous analysions un document en commençant par remettre en contexte : « Qui est l’auteur ? », « Quelles sont ses opinions ? », « Ses prises de position ? », « Quel est le moment de l’écriture ? »… Avec tous ces éléments, on tire des informations et on comprend aussi ce qui ne peut pas être pris à la lettre.


La liberté que j'attendais fut cependant compromise par encore de l’ennui, de la passivité de certains « professeurs » qui déballent leur cours comme si leur métier était "Lecteur à voix haute" et leur vocation de se munir d’un entonnoir pour y verser les quantités de dates, évènements, grands hommes, directement dans le cerveau des élèves ouverts, béants, sans protection devant ces pontes de l’université.

Cette différence dans l’enseignement m’a permis de comprendre que la politique, ce n’était, pour l’instant, pas pour moi. J’ai eu l’impression que, se lancer dans ce monde, c’était comme commencer un jeu qui comprenait de plus en plus de règles en fonction des stades d’avancement. J’avais toujours envie de changer le monde mais pour cela, je ne pouvais pas sacrifier ma liberté, accepter toutes les règles du jeu.


Mes "pros jets à sceau scie à tif"

En parallèle de ces études qui ne me satisfaisaient pas pleinement, je m’engageais dans plusieurs projets collectifs qui m’aidaient à rencontrer toujours de nouvelles personnes et à me sentir vivre. J’ai fait des années de scoutisme, où j’avais le droit de rêver, d’expérimenter et d’échouer. Ce cadre m’a permis d’organiser un voyage en Serbie à 16 ans puis au Rwanda à 19. J’ai partagé ces expériences avec des amis de cœur qui sont toujours restés dans ma vie. Suite à ces années d’apprentissage, je suis devenue moi-même responsable d’un groupe qu’on a emmené l’été, camper avec des enfants allemands du même âge. Cette expérience a eu beaucoup d’impact sur ma vision du monde. Mes louveteaux qui ne voulaient absolument pas partager leur tente avec les Allemands avant les vacances, se sont tous mis à pleurer au bout d’une semaine passée ensemble.


Moi, qui étais affreusement nulle en langue à l’école, je me suis dit que ce genre d’échange était la clef pour donner ENVIE d’apprendre, pour se découvrir en se confrontant à la diversité. Pendant ma dernière année de licence, alors que j'essayais de partir en Erasmus, j’ai reçu un mail sur un programme créé par le Centre International d’Etudes Pédagogiques qui proposait à de jeunes Français étudiant en sciences humaines ou en langues de partir enseigner le français à l’étranger. J’ai choisi l’Italie car ce pays résonnait en moi de mille feux. J’ai postulé seulement pour ce programme en croisant les doigts pour qu’ils me prennent.

Le "dé part"…

J’avais déjà enseigné le français à des migrants via la Croix Rouge et malgré mes lacunes en orthographe je savais que j’avais la capacité de me mettre à la place des « mauvais » élèves et de créer des cours ludiques vu l’expérience d’ennui mortel et de peur de prendre la parole que j’avais connues en tant qu’élève en langues. J’ai été prise à Bologne et en septembre suivant je faisais mes valises…

A cette époque, je voulais toujours changer le monde et mon idée était de créer une association qui propose différents programmes d’échange pour promouvoir la mobilité des jeunes en Europe.


Arrivée à Bologne, une ville riche en couleurs chaudes. J’enseigne 12 heures par semaine le français dans un lycée, pas facile de s’occuper, de se sentir avancer dans un espace où ma vie est à réinventer. Je voyage dans d’autres villes, je m’ouvre, rencontre des jeunes de toute l’Europe et j’apprends l’italien, très vite… à ma grande surprise ! Je suis capable d’apprendre une langue étrangère. Peut-être que le problème de mon incapacité à progresser en langue, à l’école, ne se trouvait pas dans les limites de mon cerveau ? Motivée par mes fréquentations, je décide d’apprendre l’espagnol dans la foulée et de partir en Angleterre l’été suivant, pour perfectionner mon anglais.


J’expérimente aussi l’enseignement, la transmission avec des cours à différents diamètres. Être assistante de langue, c’est se réinventer en fonction des trois professeurs et de chacune des classes différentes avec lesquelles je travaille. J’essaye de tester des méthodes pour développer la motivation de mes élèves, d’apporter des éléments de culture que j’aurais aimé connaître à leur âge. J’AIME ENSEIGNER.



Préparation de la suite : j’aimerais rester en Italie mais l’amour de l’Espagne et la gratuité des études dans mon pays me poussent à candidater pour un Master en France. Je veux apprendre la gestion, la comptabilité et le droit pour avoir les moyens nécessaires de mener mes projets futurs. Je découvre une perle qui me permettra d’accomplir mes objectifs tout en continuant de pratiquer les langues et en évoluant dans le contexte d’un parcours professionnalisant avec stages et projet à valider. Je postule uniquement pour le parcours : « Politique et Gestion de la culture en Europe » à l’Institut d’études européennes de Paris 8, ils m’acceptent.


"Bas tir dé cons paix t’anses ça voir être" !


Pendant mon été à Londres, je reprends confiance en anglais et finis de me perfectionner en espagnol. La rentrée au Master me permet de rencontrer d’autres étudiants venus d’univers différents, des baroudeurs, rêveurs et déterminés.


Je découvre le Service Volontaire Européen (SVE), c’est la possibilité pour les jeunes de toute l’Union et des pays partenaires, de partir s’engager dans une association d’un autre pays. Ce programme est ouvert à tous (contrairement à Erasmus) car il fourni le logement et le couvert aux participants en plus d’une somme d’argent de poche.

Je profite d’un devoir d’un cours de mon Master pour aller rencontrer la responsable de l’équipe SVE et l’interviewer avec en tête de lui donner mon CV si le feeling passe… Ça marche ! Je réalise mon premier stage à l’Agence Nationale Française du programme Jeunesse en Action (ancien nom de Erasmus+) ; trois mois pendant lesquels je suis en charge de réaliser une publication bilan sur le SVE. J’en profite pour aller rencontrer des acteurs de terrain, lire des publications sur la mobilité et me familiariser avec l’environnement de l’agence.


En parallèle, pour mon mémoire, j’ai répondu à une offre pour faire un bilan des 25 ans du programme Erasmus (pour les étudiants). Ces deux études me permettent de comparer les différentes opportunités de mobilité européenne.


Je me bats pour partir en Erasmus en Espagne, pour continuer à découvrir cette culture et cette langue qui me passionne depuis l’Italie. Après des méandres administratifs sinueux, je suis prise à l’université de la Complutense à Madrid pour le deuxième semestre universitaire du M2 à condition que je passe un maximum de deux matières là-bas.


Deuxième année de Master, j’entends parler d’un projet de réseau d’artistes et de gestionnaires de la culture, étudiants et jeunes professionnels, créé par d’anciens étudiants du M2 qui cherchent repreneurs. Je les rencontre, je partage leur vision. Je fédère une équipe autour de moi pour donner corps à cette idée grâce au temps dédié au projet professionnel dans mes études. J’ai envie de créer des ponts entre les formations européennes pour faciliter la mobilité des étudiants.

Nous bénéficions d’une bourse gagnée par nos prédécesseurs pour organiser une rencontre européenne. Nous écrivons à un maximum d’étudiants en gestion culturelle en Europe pour leur proposer de CO-CONSTRUIRE le projet ensemble. Quelques réponses, des soirées à refaire le monde, à organiser notre évènement et nous nous retrouvons avec une dizaine d’étudiants de Valence, de Madrid, de Brno, de Prague, de Dublin et de Rotterdam quelques jours à Paris.




C’est difficile d’animer une rencontre internationale quand on parle mal anglais et qu’on n’a encore aucune expérience en création de réseau. On parle, on débat, on pose des bases, on est fatiguées, heureuses de vivre cette rencontre mais pas vraiment sûres d’emmener les partenaires dans une direction commune... Cependant notre réseau se construit, on obtient une subvention européenne pour les rencontres de l'année suivante et avec les nouvelles équipes d'étudiants attirés par le projet, on organise un deuxième évènement plus long, à Paris, en janvier 2014 puis on accompagne l'équipe de Valence à accueillir les rencontres en Espagne en mars 2015.


Départ pour 4 mois à Madrid. Je décide de chercher un stage dès le début de mon séjour car ma charge de cours est minime. J’ai envie de vivre le pays. Toujours animée par le projet de créer mon association pour promouvoir la mobilité en Europe, je décide d’en rejoindre une, de m’inspirer de leur pratique. Je suis prise chez AIPC Pandora, qui met en place différents programmes de mobilité européen et privé. La directrice de l’association me plaît, elle a vécu en France, aux Etats-Unis et en Espagne et s’est inspirée des différents modèles pour créer une structure qui a survécu à la crise, malgré les différentes coupes budgétaires du secteur public espagnol.




On me donne la responsabilité de coordonner la logistique d’un séminaire sur l’entrepreneuriat social avec des partenaires du pourtour méditerranéen. Je ne parle toujours pas bien anglais mais c’est une occasion de progresser. Grâce à l’expérience Youth4culture, je suis plus à l’aise avec l’organisation de rencontres européennes. Une semaine d'échanges, de partage, d’émotions !


"Le V le der nid et aube stack le"


J’ai bien compris que je ne peux pas coordonner des projets européens sans parler anglais. Il est temps que je me plonge dans le bain de cette langue pour pouvoir m’envoler. J’aime transmettre alors je renouvelle l’expérience italienne en postulant pour enseigner le français via un programme européen (Coménius) en Angleterre et suis prise à Cambridge dans un lycée public plutôt innovant.

Les élèves de première et de terminale qui ont choisis le français comme matière principale pour leur Bac ont un cours en binôme avec moi. Cette organisation me permet d’offrir un soutien individualisé à chacun, en fonction de son niveau mais aussi de ses goûts et de sa manière d’apprendre. En parallèle, je suis investie dans un échange en Croatie avec des élèves du lycée, ouvre un club de débat en français et commence à enseigner ma langue à des adultes pendant deux cours par semaine le soir.


Cambridge est une ville très agréable à vivre, bucolique, rurale ET urbaine par sa proximité avec Londres. Elle compte environ 120 000 personnes. Je m’engage dans un club de marche pour améliorer mon anglais, connaître la campagne environnante, plate et verte.




L’Angleterre, c’est beaucoup plus dépaysant que l’Italie ou l’Espagne pour moi. Je suis souvent surprise par les codes culturels, la sociabilité, les recettes de cuisine! Au bout de quelques mois, je vois passer une annonce pour un travail d’enseignante de français oral dans un autre lycée, privé, la Perse. Je décide d’y aller pour voir comment je peux m’en sortir lors d’un entretien et je suis prise. Ce sont des conditions de travail confortables et ça me permet de découvrir un autre univers, un autre projet pédagogique. J’accepte après avoir beaucoup tergiversé sur mon départ de l’école publique. A la Perse, j’ai aussi des cours avec les quatrième et les troisième en demi classe en plus du soutien en binôme avec les première et terminale. Encore des débats, on arrive à la finale nationale du concours en Français car mes élèves sont décidés à avoir les meilleurs argumentaires.


En parallèle, j’essaye d’ouvrir mes horizons d’enseignante en m’engageant à la création d’une communauté MakeSense, une association que j’ai découvert il y a quelques mois un peu par hasard. Elle vise à promouvoir l’entrepreneuriat social en connectant les porteurs de projets sociaux et environnementaux avec des individus prêts à donner quelques heures de leur temps et leurs idées. Grâce aux méthodes accessibles en open source, j’anime des ateliers d’intelligence collective pour accompagner des entrepreneurs dans la résolution de leur défi. Je me frotte au Design Thinking mais aussi à la dynamique de création de communauté, pas toujours facile d’ailleurs dans une petite ville.


Petit à petit, je me rends compte qu’il est temps que je me lance pour mon propre projet. Si je suis capable d’accompagner des individus qui ont eu le courage de croire à leur vision, je dois pouvoir aller au bout de mes rêves aussi.

Poursuivre l’idée de création d’association ? Comment serais-je dans quelques années si je réussie ? Sûrement derrière un ordinateur, au moins 50% du temps ? J’aime enseigner, transmettre, animer, coordonner, faire circuler l’information. Je veux que ce soit 100% de mon temps. On me propose de rester à l’école un an de plus… sur le plan de la sécurité, c’est tentant… Mais je sens que je ne peux pas accepter. Je dois partir, je ne peux plus supporter ces méthodes tournées vers la compétition et non la collaboration, la pression des examens et donc des parents. Je dois construire mon "faire" à la lumière de mon "être"!


La "Fa Si Lit Ta Si On"


Je découvre dans le monde anglo-saxon le concept de « facilitation », l’idée d’un médiateur ++ qui fait vivre l’intelligence collective en accompagnant les organisateurs de temps collectifs à préparer un programme d’activités en lien avec les objectifs donnés pour que les réunions soient plus participatives et surtout plus efficaces.


Je fais des tests via MakeSense à Paris, Madrid, Bruxelles et Berlin où je me rends pour participer aux grands festivals de l’entrepreneuriat social, organisés par les communautés locales. Une collègue française de Cambridge me parle d’une association qui s’appelle Activ’Action et qui accompagne les chercheurs d’emploi via des ateliers de mutualisation des ressources et d'empowerment.




A mon retour en France, je les contacte et c'est le coup de foudre. Ils sont partis du constat que les premiers obstacles au retour vers l’emploi sont les freins psychologiques qui naissent de la période même de chômage. C’est pour ça que les ateliers sont construits sur un modèle où les participants commencent par verbaliser les sentiments négatifs qu'ils vivent puis ils trouvent eux-mêmes des solutions en groupe. C’est une méthodologie très puissante qui permet vraiment de se dégager les ailes pour pouvoir aller vers un sentier qui nous correspond mieux, confiants. Avec eux, je teste l’animation de nombreux ateliers autour du montage de projet, de la créativité, de la valorisation des compétences, de l’anglais… Je fédère d’autres volontaires pour organiser des temps d’échange, de partage, d’expérimentation. C’est une communauté où je trouve soutien et inspiration.

C’est d’ailleurs à l’occasion d’un Activ’English, que j’animais, que je rencontre Manal Berrichi, ma partenaire de Tandem, un programme que nous avons concocté ensemble en alliant nos compétences de facilitation et de communication. Elle m’a écrit après l’atelier pour me dire qu’elle avait beaucoup apprécié mes méthodes et que nous pourrions construire un projet...

Après des essais, des réunions et des pilotes, nous créons un programme pour accompagner deux types de publics : les individus en processus d'orientation (scolaire / transition professionnelle...) et les clubs / réseaux d’entrepreneurs. Nous commençons par encourager / guider nos bénéficiaires à identifier leurs compétences, puis à structurer leur discours de présentation afin d’être clair et impactant. L’idée phare de notre communauté est de fédérer des personnes qui ne souhaitent pas seulement se définir par le titre de leur métier mais par toute l’étendue de leurs qualités, qu’elles ont développé aussi bien au niveau professionnel que personnel.


Je rencontre mon ancienne directrice de stage à l’Agence Française du programme Erasmus+ à qui j’explique mon projet entrepreneurial de formation participative / de facilitation. Elle me parle du pool de formateurs du Service Volontaire Européen qui cherchait justement un remplaçant à ce moment là. Tout se fait très vite, je participe dès le mois suivant à une puis trois formations pour accompagner les volontaires européens engagés en France à leur arrivée et à mi-parcours de leur séjour. Je les emmène avec mes collègues 4, 5 jours en séminaire pour travailler sur les thématiques de langues, de communication, éclaircir leurs objectifs et en faire l’évaluation, anticiper les difficultés et se préparer à l’expérience interculturelle. Cela fait maintenant un an et demi que je collabore avec cette équipe à hauteur d’une formation par mois environ. Cette mission me permet de travailler pour un programme que j’ai toujours trouvé passionnant et de m’enrichir de la co-animation avec d'autres formateurs qui ont tous une histoire différente.




Je fais de la sculpture depuis mes 5 ans. Pour moi, l’art a eu un rôle de catalyseur pour me connecter à ma créativité, à mon cœur. Dans des moments difficiles notamment à l’adolescence, la pratique du modelage m’a vraiment aidé à trouver ma voix. J’avais envie de transmettre ce pouvoir dans un atelier que j’ai appelé « Créer sa place » pour accompagner d’abord les chercheurs d’emploi, via Activ’Action, à booster leur compétence créative. Injecter de la créativité au quotidien est aussi une de mes ambitions car une fois réconciliée avec cette compétence, j’ai la conviction que chacun peut ouvrir les possibles. Dans cette même veine, j'anime une formation européenne d'une semaine sur la connexion à la créativité à destination de travailleurs sociaux. Avec une collègue roumaine, nous proposons d'utiliser la danse, la sculpture et le storytelling comme catalyseurs pour accompagner les participants à mieux se connaître et à pouvoir utiliser ces techniques avec leurs bénéficiaires.


Je continue à travailler avec l’école aussi mais en étant maintenant en dehors du système scolaire. La nouvelle génération de Youth4culture me propose de collaborer sur l’ingénierie pédagogique d’un projet d’échange entre une classe de 5ème à St Denis et un centre qui accueille des enfants mayas au Mexique.


J’anime aussi des ateliers de co-création dans des classes de lycées à Bruxelles pour accompagner les jeunes sur l’orientation, identifier les ingrédients nécessaires à une vie professionnelle épanouie. Nous les interrogeons aussi sur les thématiques qui les touchent et les réunissons en petits groupes pour trouver des solutions concrètes ensemble.


Toutes ces expériences me permettent de commencer à esquisser l’école de mes rêves :

- adaptée aux besoins de chaque individu du groupe classe,

- où les apprenants s'expriment et co-construisent le programme,

- où on place leur curiosité au centre de l’apprentissage,

- où on se concentre sur l’apprentissage de compétences transversales,

- plutôt des savoir-être que des connaissances.


Je profite de ce que j'appelle "mon pèlerinage professionnel" pour continuer à me former. Participer à des modules me permet de m'inspirer du fond comme de la forme des interventions. J'essaye de suivre une ou deux formations par an via les possibilités de formation européenne (Le pouvoir du storytelling / La compétence politique du formateur / Du savoir à la posture). Je suis aussi des MOOCs pour me perfectionner sur des aspects précis comme celui de l'Université du Nous autour de la "Gouvernance partagée".


Pour moi, élargir sa gamme d'outils dans sa mallette n'est cependant pas suffisant pour un formateur. Le plus important, si on utilise la posture de facilitateur pour accompagner le groupe à être créateur de savoir, c'est de travailler sur son énergie de vie, sinon le risque est de véhiculer par le corps, un message contraire à ce qu'on essaye de faire passer.


Souvenez-vous de vos meilleurs formateurs / profs... qu'est ce que vous appréciiez le plus en eux? L'expert qu'ils étaient ou l'énergie qu'ils véhiculaient? Leur savoir ou leur être? C'est pour développer ma qualité d'introspection / d'auto-empathie que je me forme et que je pratique la Communication Non Violente. L'écriture est aussi un moyen très efficace pour être honnête avec soi-même et avec les autres. C'est pour cela que j'ai commencé ce blog et qu'écrire mon histoire m'a semblé naturelle. Histoire toujours en évolution bien sûr et soumis à mon point de vue du moment. Je n'écrirais sûrement pas la même histoire dans quelques années car mon système de pensée aura, je l'espère, assez évolué pour s'ouvrir à d'autres grilles de lecture.


Merci de m'avoir suivi jusqu'à aujourd'hui!


Hélène







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